EDITO

En passant

EDITO : URBAN UTOPIAS, pourquoi pas ?!

par Cristina L’Homme, Globe Vision

Il faut certainement croire en une forme d’utopie pour se lancer dans un tel projet… Lorsque Stéphane Herbert, photographe, a commencé à travailler sur Brasília il y a presque vingt ans, le sujet n’était pas franchement « tendance ». Ce n’est qu’en 2005 que le magazine Grands Reportages publiait son sujet. Stéphane a ensuite poursuivi sa recherche sur les « utopies urbaines » en se rendant à Chandigarh en Inde. Ses multiples séjours dans ces deux capitales de la modernité lui ont permis de penser une exposition en forme de vis-à-vis, qui a été présentée dans une dizaine de villes indiennes, puis au Musée National de Brasília en 2010. En France, l’itinérance a commencé la même année par Firminy (Loire) où se trouve le patrimoine Le Corbusier le plus important d’Europe et où Stéphane a grandi.

Il y a un an, son objectif s’est focalisé sur une autre « utopie réalisée » : La Grande Motte, sur le littoral languedocien dans le Sud de la France. Une ville qui n’a pas le statut et le prestige de ses illustres « grandes soeurs » indienne et brésilienne, mais… pourquoi pas ?! Le choix est assumé : La Grande Motte, conçue comme une oeuvre anticonformiste vouée à un « idéal solaire » dont l’originalité est empreinte d’allégories philosophiques, n’est-elle pas aussi un manifeste de la modernité architecturale ? Ces trois « villes parcs » ne correspondent-elles pas à un « rêve d’urbanité » en ce début de XXIe siècle ? A ces questions de fond, le projet URBAN UTOPIAS propose une perception non-figée du patrimoine moderne au travers d’un livre et d’une exposition articulés comme de simples promenades urbaines dans ces « villes rêvées, villes habitées ». Pour bien les apprécier, le lecteur ou le visiteur devra toutefois s’affranchir de ses repères habituels sur la ville ou l’architecture en se laissant surprendre par la « symbolique architectonique » de La Grande Motte, l’ « esthétique de la fluidité » de Brasília ou la « force des volumes » de Chandigarh. Les images de ce triptyque jouent avec l’ombre, trace sur la pierre flexible qu’est le béton, trace du temps, mouvement humain au sein de « décors heureux ».

Tel un « voyage dans le voyage », l’approche photographique de Stéphane Herbert est prolongée par les textes poétiques et merveilleux de Carole Lenfant, co-auteur de l’ouvrage et commissaire de l’exposition. Ses mots, apposés aux images avec délicatesse et audace, sont le fruit d’une belle complicité. Un grand merci à la Ville de La Grande Motte et à son Office de Tourisme, qui ont donné carte blanche à ce duo pour réaliser le livre « villes rêvées, villes habitées / URBAN UTOPIAS / La Grande Motte – Brasília – Chandigarh », édité par Somogy éditions d’Art, et pour présenter l’exposition éponyme sur la péniche Louise Catherine / Le Corbusier, un lieu des plus insolites à Paris !

Les sujets touchant aux questions humaines et urbaines font partie des missions privilégiées de l’association Globe Vision. Le projet URBAN UTOPIAS, s’appuyant sur l’interaction entre photos et poésie, permet une approche originale sur ces trois « villes solaires » que sont La Grande Motte, Brasília et Chandigarh.

EDITO: URBAN UTOPIAS, why not?!

by Cristina L’Homme, Globe Vision

One must believe in a kind of utopia to pursue such a project… When Stéphane Herbert, photographer, started work in Brasília, almost 20 years ago, urban utopianism was not as widely spoken about as it is today. Only in 2005, the magazine Grands Reportages published his work. Stéphane, then pursued his research on ‘urban utopias’ by going to Chandigarh in India. His multiple stays in these two capitals of modernity inspired him to create an exhibition. It has been presented in a dozen cities in India and in the National Museum of Brasília in 2010. That year the exhibition moved to France showing first in Firminy (Loire), where Le Corbusier left his most important legacy in Europe and is where Stéphane grew up.

A year ago, he turned his lens to another ‘realized utopia’: La Grande Motte, on the Languedoc coast in the South of France. This city does not share the same status as its celebrated Indian and Brazilian ‘older sisters’. But… why not? La Grande Motte was conceived as a non-conformist work of art, aimed at developing a ‘solar ideal’ borrowed from philosophical allegories. Isn’t this also a manifesto in Modern architectural history? Do these three ‘garden cities’ correspond to an urbanitas dream at the beginning of the twenty first century? To these questions, the project URBAN UTOPIAS offers a fluid view on our modern heritage. The book and exhibition at first seem like a series of simple urban walks in these ‘dreamed cities, lived cities’. However to appreciate these walks the viewer needs to overcome ‘landmark reading’ of the city architecture, allowing themselves to be surprised by the ‘architectonic symbolism’ in the Grande Motte, the ‘fluid aesthetic’ of Brasília and the ‘volume strength’ of Chandigarh. The tryptic images play with shadows, drawing out the flexibility of concrete, marking time and human movement within ‘happy décors’.

Like a ‘voyage within a voyage’, the photographic approach of Stephane Herbert is complemented by the insightful and poetic texts of Carole Lenfant, co-author of the book and curator of the exhibition. Her words which sit alongside the images are subtle and bold, the fruits of a beautiful alliance. Thanks to the city of La Grande Motte and its Tourism Office, who has given “carte blanche” to this duet for working on the book « villes rêvées, villes habitées / URBAN UTOPIAS / La Grande Motte – Brasília – Chandigarh », published by Somogy éditions d’Art, and to present the exhibition on the barge Louise Catherine / Le Corbusier, one of the most unusual places in Paris!

The subject matter touches on human and urban question which are the focus of the Globe Vision organization. The project URBAN UTOPIAS, with its interaction between photographs and poetry offer an original approach to these three ‘solar cities’ which are La Grande Motte, Brasília and Chandigarh.

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